La Fontaine de la plage
Remontons le temps… direction les années 1960-1970 !
Qui n’est jamais allé chercher de l’eau à la “Fontaine” de Biscarrosse-Plage ?
Il y avait plusieurs pompes publiques dans le quartier, mais l’une d’entre elles était particulièrement réputée, située sur l’actuelle place Dufau.
Et pourtant… certains pourraient être surpris par ce qu’on ne disait pas à l’époque ?
Vous connaissiez le secret de cette fontaine?
Raymonde Ducourneau et son voisin Bernard Darmuzey vous le dévoilent, avec un petit air amusé 😉
Voici une archive et sa transcription (juste dessous) pour compléter :

Rendez-nous la Pompe
Il en est une qui a fait pour le renom de la station biscarrossaise, beaucoup plus peut-être que quiconque, c’est la Pompe de Biscarrosse-Plage. Je parle de la vraie bien sûr et pour en parler, j’emploie un « P majuscule » comme vous l’avez remarqué.
Cette Pompe avait un passé, une histoire et les premiers dépliants du Syndicat d’initiative qui en 1934 vantaient les mérites de la station, avaient un paragraphe qui lui était consacré.
Elle avait une renommée internationale, et tous ceux qui venaient à Biscarrosse, n’avaient d’autre hâte à leur arrivée que de se précipiter à la Pompe. C’était en quelque sorte le point de rendez-vous de la station et je suis fort étonné que le guide Michelin n’en ait pas fait mention en son temps. On y venait pour boire, bien sûr, et surtout pour faire sa provision d’eau. Des familles entières arrivaient avec des bonbonnes, des casiers et bouteilles, des jerricans, et l’embouteillage était tel à certaines heures qu’il aurait presque fallu une section de gardes mobiles pour régler le stationnement et la circulation.
Mais comme cette eau avait un pouvoir quasi miraculeux, il ne s’est jamais rien passé de méchant, et à se trouver à cet endroit, les gens habituellement pressés, énervés et renfrognés, trouvaient au contraire un caractère amical, sympathique et agréable. C’est sans doute pour cela que certaines épouses ayant entendu dire que cette eau avait le pouvoir de rendre à leurs grognons de maris le caractère agréable du temps plus ou moins éloigné des fiançailles, s’empressaient de leur tendre un gobelet plein à ras bord… Bien que les statistiques en ce domaine soient encore mal connues, il y aurait eu, paraît-il, des résultats intéressants.
Cette Pompe n’existe plus. Elle avait connu une alerte sérieuse en 1980, mais après discussion, les hautes autorités avaient décidé qu’un repos de quelques semaines serait suffisant pour lui refaire une santé. La municipalité en avait profité pour lui faire subir en quelque sorte des séances de chirurgie esthétique et on avait revu, très vite après, une pompe flambant neuve, imposante et majestueuse avec un bras de belle dimension sur lequel la moindre pression provoquait immédiatement l’arrivée d’une trombe d’eau.
Hélas, ce n’était qu’un répit de courte durée. Car peu de temps après, la Pompe biscarrossaise, celle qui ne ressemblait à aucune autre et qui était connue un peu partout dans le monde, rechutait cette fois pour de bon et la municipalité était conduite à prononcer sa mise en disponibilité.
Un engin moderne était mis en place et depuis, les gens, ceux de Biscarrosse et d’ailleurs, portent en quelque sorte le deuil de cette pompe glorieuse dont personne ne veut croire à l’arrêt définitif. La nouvelle est très peu sollicitée et dès que quelqu’un tourne « le bouton », heureuse de servir enfin à quelque chose, elle donne aussitôt un jet d’eau « municipale » qui n’en finit pas de couler. Mais ce jet ne semble pas intéresser grand monde.
Par contre, les estivants et les autres osent espérer que la vraie Pompe de Biscarrosse n’a pas encore pris la retraite et que dans un temps plus ou moins long, on verra de nouveau au milieu des cris de joie et des acclamations de la foule, la Pompe biscarrossaise distribuer à nouveau son précieux liquide. Car il y a des symboles qui ne peuvent pas mourir…
MICHEL BERGÈS
Légendes des photos :
- (Gauche) : Délaissée de tous, chaque fois que quelqu’un daigne tourner le bouton, elle n’en finit pas de couler… (Photos Ciné Delhorbe)
- (Droite) : Même « fatiguée », elle avait encore fière allure
